Jean-François Kaiser Galerie
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Anne-Laure Garicoix – Les traversées fauves

Passée

10 juin 2016 - 23 juillet 2016

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L'artiste

Anne-Laure Garicoix

Texte de Camille Lapouge sur l’exposition d’Anne-Laure Garicoix

Après avoir traversé le vide, la lumière se heurte parfois à une atmosphère pour entreprendre une traversée des milieux. Suivant les particularités de la matière qu’elle croise elle poursuit son chemin homogène, ou se disperse, fragmentée. Elle s’éparpille alors, déviant de sa route initiale pour aller vers de prochaines rencontres. La pensée, on le sait depuis longtemps, est lumière. Elle se déplace à travers les connexions nerveuses, et peut-être profite-t-elle des mêmes voyages que poursuit la lumière du Soleil.

A travers le prisme des signes, Anne-Laure regarde « l’Atlas (1)  ». La nébulosité, l’incertain du mot, l’amène vers un autre sens, traversant une chaine montagneuse jusqu’au paysage de son épine dorsale. Sa pensée ricoche alors depuis la montagne vers le sommet de sa colonne, vertèbre proéminente. Et pour cause, le mot est facetté, irrégulier, reflétant simultanément différents récits de son histoire. Comme la lumière frappant l’angle du verre, la pensée se divise vers d’autres possibles, tissant un réseau autour de l’objet qu’elle observe. La lumière n’existe que par ses interactions, elle est fille de rencontres (2) . Afin d’apparaitre -se distinguer du sombre- elle est vouée à traverser, rencontrer, relier, ramifier. Les peintures d’Anne-Laure progressent par associations d’images et de récits, entrelacés entre les trames de couleurs et de matières. Grâce au geste, elle traverse les paysages, les corps, les cultures, dont elle prend soin de préserver l’énergie. Sa peinture semble protéger des mouvements réciproques, faire « partie d’un courant, d’une énergie, d’une matière qui se recycle. (3) »

La lumière fait tension dans l’espace-temps, elle lie le présent au passé. Mais lors de son voyage, elle subit une déformation. Celle des débuts s’est refroidie durant sa traversée, transformée pour devenir onde radio, un fossile. Imperceptible à l’oeil, il s’agit pourtant d’une persistance lumineuse, peut-être même d’une « résistance (4)  » de la lumière à sa disparition. Il y a des objets plus denses que certains, aux signes s’ajoute la profondeur d’une mémoire, prisme aux milles facettes. La peinture est peut-être ainsi mémoire, une lutte pour ce qui « demande à vivre.(5)  »

 

1 – Anne-Laure Garicoix, Fièvre rouge , des tempes jusqu’à l’Atlas, 2016

2 – Trinh Xuan Thuan, Les voies de la Lumière, physique et métaphysique du clair-obscur, Collection

Folio-Essais, Editions Gallimard (2008)

3 – Propos extraits de La nostalgie de la Lumière, Patricio Guzman, 2010.

4 – Anne-Laure Garicoix, La résistance des lumières, 2016

5 – Vincianne Despret, Isabelle Stengers, Les faiseuses d’histoires, Les empêcheurs de tourner en rond,

La découverte, 2011.

Télécharger la plaquette de l’exposition

www.annelaure-garicoix.com


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