Jean-François Kaiser Galerie
Menu

Gfeller +Hellsgård – The Arbitrary and the Given

Passée

9 mars 2016 - 24 mai 2016

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

The Arbitrary and the Given

- The Arbitrary and the Given

Gfeller+Hellsgård – The Arbitrary and the Given

Abstraction pop

Des actions : élaguer, mélanger, enduire, caler, décaler, verser, encrer, répartir, étaler, rincer, nettoyer, relier. Mais aussi des matériaux : de l’encre, du papier, du bois, du métal, de la laine. Voilà ce que serait une tentative de recensement des moyens utilisés par les artistes Gfeller+Hellsgård pour réaliser leurs œuvres depuis près de quinze ans dans leur espace de Berlin. Un lieu atypique et hybride qui contient une galerie où l’on a pu voir des expositions étonnantes qui naviguaient entre art contemporain et outsider art (installation, peinture, raw art, concert noise, graphzine, illustration, photo). Mais aussi une boutique où l’on trouvait une multitude d’objets, fanzines, tee-shirts et livres divers créés par des artistes avec lesquelles ils entretiennent des liens comme Pakito Bolino ou Stéphane Blanquet.Tous les éléments de ce qu’il convient d’appeler une culture graphique urbaine underground proche du commando, par essence réactive, parfois proche du freak show, tournée vers la psyché et les manifestations conscientes ou inconscientes de l’esprit humain. Enfin, et pour le principal, l’espace reste un atelier de production nécessaire à la passion qu’entretiennent Gfeller+Hellsgård pour un procédé d’impression mécanique : la technique sérigraphique.

Sur celle-ci, on a beaucoup écrit. Quelle soit popularisée par les artistes du Pop américain, par les activistes de l’atelier populaire des beaux-arts de Paris au service du mouvement de 1968 ou encore par les provocations graphiques destroy du groupe Bazooka ; le procédé a fourni un demi siècle d’images peu coûteuses et aisément diffusables.

C’est sans doute une des raisons pour laquelle, après avoir exploré, à leur tour, ce champ d’action figuratif à l’aide de cette technique, éditant plus de trois cents livres et affiches, le duo a décidé de se décaler, de mettre en place des recherches davantage formelles ; ajoutant à la virtuosité graphique, le plaisir de faire, de renvoyer au process, à une mécanisation low tech.

Roland Barthes déclarait ne pas écrire de roman parce que celui-ci favorise le fond, c’est-à-dire le récit, et rétrograde la forme au rang d’accessoire. Ce même esprit conduit désormais le duo à créer des sérigraphies non-figuratives. Des œuvres qui écartent les micro-narrations, les anecdotes du quotidien, les fragments de vécu au profit des expériences issues du process lui-même, d’un réel qui innerve l’image sans jamais la structurer. Des accidents aussi, de tout ce qui peut découler des actions mais aussi de l’usage des matériaux et des actions énumérées plus haut dans ce texte. Car les artistes ne sont pas des formalistes qui utiliseraient la ligne et la forme pour composer les œuvres. « Les accidents du process c´est entre 20 et 80 %. On choisi les mélanges de couleurs et avec l´expérience, on a une idée précise du rendu final. En revanche, on ne maîtrise pas l´exactitude de chaque détail.

On connaît la couleur de chaque tâche, sa forme approximative (une ligne, un point, un dégradé, une coulure…), mais on ne connaît pas à l’avance la forme précise de la tache… si elle va faire 1,8 cm ou 3,2 cm. Même si la composition générale est totalement maîtrisée », déclare les artistes. Ici, il s’agit davantage de distribuer, en versant, en raclant, en étalant, en répartissant, les couleurs sur la surface de métal, de papier, ou de bois dans un abstractionnisme informel pop qui fait de l’œuvre imprimée une masse d’énergie et donc un champ d’expérience unique. Les images produites semblent inépuisables. Elles ont un impact visuel énergique grâce aux rapports particuliers qu’entretiennent les couleurs chaudes avec les couleurs froides, en entremêlant les rouges et les verts, les jaunes et les bleus. Elles peuvent s’inspirer librement d’ un récit mythique comme celui d’Alice au pays des merveilles ou bien venir d’une libre inspiration et contenir dans un espace all over : triangle, rectangle, carré, tache, ligne et champ coloré qui se succèdent, se croisent ou se superposent . A un moment où une nouvelle génération d’artistes utilisent l’image mécanique de Wade Guyton à Antoine Donzeaud, de Nathan Hylden à Renaud Regnery, Gfeller+Hellsgård prouvent qu’ils appartiennent à part entière à la dynamique de cette histoire.

Alain Berland, Paris 2016


Partager
Tweet
En continuant à naviguer, vous nous autorisez à déposer des cookies à des fins de mesure d'audience. En savoir plus Ok